Qui veut la vie et désire voir des jours heureux 

(cf. Règle de Saint Benoît – Prologue 15)

 

Chaque mois vous est proposée la figure d’un saint ou d’une sainte,

évoquant sa vie  et sa spiritualité, à travers ses propres écrits.

Ceci afin de nourrir notre vie intérieure,

et vivre des jours plus heureux avec nos amis du Ciel.

Bienheureux Edouard Poppe

Édouard Poppe naît le 18 décembre 1890 à Tamise, en Belgique au sein d’une modeste famille flamande de boulangers. Il reçoit, avec ces dix autres frères et sœurs (dont deux deviendront prêtres et trois religieuses) une excellente éducation chrétienne grâce à des parents profondément religieux. Il est d’un naturel heureux autant que remuant, espiègle et têtu dans une franchise et profonde gaieté. A 12 ans, il fait sa première Communion puis reçoit la Confirmation. Dès lors, Édouard devient plus sérieux et à 13 ans, il exprime son désir de devenir prêtre ; souhait devant lequel son père s’incline malgré ses projets de l’envoyer apprendre l’art de la pâtisserie.

A 17 ans, son père décède et Édouard songe à abandonner ses études pour subvenir aux siens. Mais la fratrie s’unit pour lui permettre de poursuivre la voie sacerdotale.

En 1910, il est appelé au service militaire ; période qui lui attirera moqueries et provocations (un « enfer » dira-t-il d’autant qu’il ne peut assister à la sainte messe) de la part de ces compagnons apprenant son appel à la prêtrise. L’expérience de cette misère humaine lui permettra, ultérieurement, de transformer cette épreuve en un salutaire apostolat missionnaire auprès des séminaristes et religieux tenus au service militaire, dont on lui confiera le soin.

Il découvre la vie de sainte Thérèse de Lisieux en y apprenant « des choses que des années d’études ne lui auraient pas fait découvrir »- Sainte Thérèse, saint Louis-Marie Grignon de Montfort et le pauvre d’Assise – à cause de son amour pour la Croix – forment sa petite trilogie de sainteté.

Au grand séminaire, il appréciera les instructions du Supérieur stimulant un idéal de sanctification par la vie intérieure, source de tout apostolat. Mais certains confrères rabattent cet élan de ferveur qui ne peut-être, à leurs dires, qu’éphémère. Édouard en est profondément troublé et affecté car « plutôt mourir que servir Dieu à moitié ».

Après des péripéties dues à la guerre, il recevra le sacerdoce le 1er mai 1916, à Gand. Il s’offre au Cœur Eucharistique de Jésus comme victime avec Lui pour les pécheurs.

Il sera nommé vicaire dans un quartier ouvrier de Gand. Il va y commencer un apostolat de rue. « Il faut qu’ils sentent que je les aime ». Les cœurs s’ouvrent, les positions anticléricales tombent. Mais, son curé lui demande de renoncer à s’exposer corps et âme à de telles fréquentations. L’abbé Édouard en est consterné mais il obéit. Durant de longs et fréquents moments, il trouve la force auprès du Seigneur au tabernacle. Avec le patronage des garçons dont il est l’aumônier, il conçoit une « association d’enfants qui aiment Jésus et veulent se sanctifier et en donnant le bon exemple », en comptant sur la grâce de l’Eucharistie. La « Croisade Eucharistique » réunit de plus en plus d’enfants pauvres grâce au zèle infatigable de l’abbé Poppe. Jusqu’au jour de juillet 1917 où, épuisé, il part au repos complet chez les Sœurs de la Charité de Melle. L’allègement que son curé lui aménage à son retour ne suffit pas. L’abbé, le cœur meurtri, demande alors en 1918 un changement d’activité. Il est nommé directeur de la maison des Sœurs de Saint Vincent de Paul à Moerzeke. Il n’aura de cesse d’initiatives eucharistiques comme celle d’une Heure Sainte au Saint Sacrement tous les jeudis soirs où se joindront aux sœurs, d’autres prêtres puis les enfants du village et enfin leurs parents.

Son souci constant de la sanctification des prêtres le brûle et le consume. Une crise cardiaque le terrasse en 1919. Contre toute attente il se rétablit mais reste fragile. Sa chambre de malade ne désemplie pas de visites et il est pour chacun un accueil réconfortant. Notre Dame, saint Joseph et son « petit Gabriel » (ainsi nomme-t-il son ange gardien) l’aident à gravir les échelons de la souffrance qui l’unissent de plus près à sa chère Croix de Jésus. « Je ne sais pas si le bon Dieu est content de moi ; je m’abandonne à Lui ». Le 10 juin 1924, ultime attaque congestionante : il rend son âme à Dieu à l’âge de 33 ans. Il est pleuré par toute la Flandre.

Le pape Jean Paul II le déclare bienheureux le 3 octobre 1999.

Il est fêté le 10 juin

Les temps sont si mauvais

que seuls des saints peuvent y remédier.

Le prêtre

+ Un saint prêtre est un soleil qui se lève et soudain éclaire, réchauffe tout et donne croissance à tout. Ô mon Dieu, donnez-nous de saints prêtres !

+ Les prêtres saints sanctifient les paroisses, restaurent la ferveur des couvents, régénèrent la jeunesse. Ils toucheront des cœurs de pierre !

+ Un sacerdoce fervent, voilà la plus belle louange que vous puissiez faire monter vers Moi, votre Seigneur : Laus Deo. Un tel sacerdoce est une vivante bénédiction qui s’élève vers le ciel et qui descend sur les âmes dans mon Église.

+ N’avez-vous par remarqué quel nimbe de lumière enveloppe les saints prêtres et illumine tout autour d’eux ? Quelles transformations ils suscitent par la silencieuse prédication de leur sainte vie ! Que d’imitateurs ils attirent à leur suite, les entraînant dans leur idéal sacerdotal ! Puisse Jésus nous faire la grâce d’entrer en contact avec un tel prêtre !

+ Ô mon Maître bien-aimé, je ne suis pas digne de vous recevoir dans mon âme qui est toute tiède… pas digne de me sentir consolé par la douceur de votre sainte présence… La stérilité qui afflige mon âme, cette insensibilité, cette somnolence, qui m’accablent… je les accepte comme la croix dont s’accompagne votre présence en moi.

+ Jésus bénit d’une façon spéciale ceux qui prient pour ses futurs prêtres.

L’Eucharistie

+ Cherchez votre force dans le Pain des forts : vous ne trouverez pas de soutien ailleurs.

+ Pain vivant … vous qui me donnez la vie, vous êtes la nourriture de ma pauvre âme et vous la faites vivre de votre propre vie… Vous la nourrissez, Jésus, de vos propres pensées. Vous inclinez ses désirs à se conformer aux vôtres. Vous la nourrissez de telle sorte que sa vie entière vous appartient, est inspirée et dirigée en fonction de la vôtre. Que mon âme, Jésus, vive de votre vie, qu’elle vive de confiance en vous et d’amour pour vous.

+ Faites que durant cette journée nulle autre nourriture n’entre dans mon âme, ni pensée, ni désir, ni souhait terrestres. Restez en moi, ô Pain de vie !

+ Cherchez votre divin Sauveur dans le tabernacle. Fermez vos yeux et ouvrez votre âme, vous tenant humblement devant lui dans un abandon plein de confiance. Cherchez en union avec Marie, et vous trouverez. Attendez et désirez avec elle.

+ L’Hostie vit sa vie ans les âmes hosties.

+ Restez mitis et humili, petit, doux et aimable : c’est ce qu’on apprend devant l’Hostie, surtout dans l’oraison aride.

+ Dans la communion les enfants se sont mis au « Soleil » et sont eux-mêmes devenus de petits soleils par l’effet de la lumière dont ils se sont imprégnés : « Que votre lumière rayonne ! »

+ Adorez Jésus dans l’ostensoir : le vivant Ostensoir de Jésus est Marie.

+ Apprenez à regarder le tabernacle avec les yeux de Marie et à soupirer après Jésus avec son cœur très humble.

+ Mon Jésus, je suis heureux de vous offrir mes maux de dents et mon indisposition. Ils me rendent stupide et incapable de bien prier, de lire et de prêcher à mes enfants. Soit, Jésus ! Je souffre volontiers ce rien avec vous, pour mes petites âmes qui sont en retraite pour leur communion. Je suis sûr que mes souffrances leur sont plus utiles que mes paroles.

+ La volonté de Dieu, c’est Dieu lui-même. Vous pouvez adorer cette volonté tout comme le Très Saint-Sacrement.

La Croix – la volonté de Dieu

+ Qu’il est fort, celui qui aime la croix ! … Non, mon Jésus, je ne vous demande pas de m’enlever la croix… Je ne vous demande que la force de la bien porter.

+ Nul ne peut croire à la douceur de la croix, sinon celui qui n’a pas craint de l’éprouver à fond.

+ Là-haut, ces croix se changeront en gloire, en bonheur et en ravissement.

+ L’âme de l’homme est plus précieuse que son corps ; c’est avant tout pour les âmes que le Christ s’est laissé crucifier…

+ Ô Seigneur, souvent nous vous demandons de souffrir et mourir d’amour pour Vous… Et nous trouvons trop lourdes les plus petites croix que vous nous envoyez. Aidez-moi Seigneur ! Je vous promets de traverser bravement toutes les épreuves, sans laisser paraître sur mon visage le moindre signe d’abattement.

+ Beaucoup désirent la souffrance, mais rares sont ceux qui savent embrasser les petites croix qui leur apprennent à souffrir.

+ La volonté de Dieu est aimable et rend tout suave.

+ La plus grande mortification consiste à reconnaître avec joie la volonté de Dieu dans les difficultés de chaque jour ; à accomplir sans se plaindre la besogne quotidienne, quel que soit l’ennui qui l’accompagne.

+ Vous aimerez dans la mesure où vous consentirez à souffrir.

La mission de la charité

+ Celui qui couvre de son silence les défauts d’autrui a déjà parcouru un grand chemin sur la voie de la perfection.

+ Celui qui aide autrui à ses propres dépens prouve qu’il suit le chemin évangélique de l’amour du prochain.

+ Qui ne s’étonne ni ne se scandalise des imperfections de ses compagnons les aimera facilement, et mieux.

La prière

+ Celui qui joint à un esprit recueilli la joie de l’optimisme montre qu’il pratique la vie intérieure

+ Beaucoup aiment et désirent l’esprit de prière… Mais qui affectionne les sécheresses spirituelles, les oraisons arides, les pénibles délaissements intérieurs ? Cependant, ce sont les moyens qui ouvrent la voie à la prière véritable, intérieure, divine … à l’union à Dieu.

+ L’exercice de la présence de Dieu fait évanouir imperceptiblement nos défauts, comme fond la neige au soleil ; il fait éclore les vertus comme le soleil printanier les fleurs.

+ Le Bon Dieu veut tout ou rien d’une âme vraiment intérieure. La médiocrité lui est insupportable.

+ Un excellent moyen pour avancer dans le chemin de la perfection est l’exercice de la présence de Dieu. Le matin, au réveil, placez-vous en silence sous le regard de Dieu, agenouillez-vous un moment devant Lui… « Mon Seigneur… mon Dieu .. je vous adore … je reconnais mon néant en face de vous »

+ Se tenir sous le regard bienveillant de Dieu, prier sous le regard de Dieu, travailler sous le regard de Dieu, souvent interrompre tout travail et fermer les yeux pour sentir reposer sur soi le doux regard divin … « Ô mon Dieu, je vous consacre mon âme … mon corps… »

Confiance

+ La raison pour laquelle nous sommes dans l’abattement et le dépit après une faute ou une rechute, c’est que nous ne comprenons pas encore assez ce que renferme de tendresse, de compassion et de réconfort la clémence de Dieu. C’est la même raison qui nous fait revenir constamment sur des péchés, des contritions, des confessions antérieures.

+ Ah Jésus, apprenez à mon cœur à goûter votre ineffable miséricorde, pour que je vienne humblement m’y reposer dans mes échecs et dans mes rechutes.

+ Rien n’honore Dieu comme la confiance ; et il me semble que la confiance lui est plus agréable après une chute, après une infidélité décourageante, puisque alors elle est parfumée d’humilité et de courage.

La Paix

+ Mon Dieu, une victoire remportée au prix d’un gênant et pénible effort, une humiliation acceptée sans plainte, une mortification supportée avec amour donnent plus de paix à ma pauvre âme que le meilleur repas, que les plus flatteuses louanges, que la satisfaction de tous mes caprices. (…) Que ne puis-je supporter avec amour toutes les injustices qu’on m’inflige… comme vous. Car nous n’avons qu’une vie.

+ La paix, le calme, la sérénité mettent l’âme en présence de Dieu avant la prière. Elles reposent l’âme en Dieu par un plein abandon à Lui pendant la prière.

+ Ô Jésus, à présent je suis heureux ; je sens descendre en moi la paix, maintenant que j’ai prononcé mon fiat.

+ Plus grande est la paix de ce moment, plus grande sera bientôt la croix ! La paix nous prépare, nous dispose à la croix. Il est dangereux d’oublier au temps de la consolation la venue prochaine de la croix.

Sainte Vierge

+ Ô Vierge sainte, je suis devenu votre esclave ; je vous ai confié tous mes intérêts. A vous maintenant de remercier, d’adorer et d’aimer Jésus en moi ; je m’unis à tous vos sentiments, vos prières et vos témoignages d’amour pour Lui.

+ Marie, ma Mère, je vous ai tout donné ; arrangez, disposez tout en moi de façon que je sois prêt à la souffrance. « Aimer sans souffrir est aussi vain que souffrir sans aimer. » C’est trop clair ! Cela crève les yeux.

+ Nous cherchons Jésus en Marie. En elle nous nous laissons pénétrer et entièrement imprégner de son sacerdotal esprit d’offrande.

+ Ayez l’attitude de Marie devant Jésus.

+ L’amour de Marie transforme toute notre vie, met une douceur et une tendresse dans notre piété, rend notre travail plus pur et plus méritoire, nous conduit à Jésus dans la Communion, nous ouvre les secrets de l’Hostie, et nous mène au Sacré Cœur, au ciel.

+ Partout : une goutte de dévotion mariale ! Cela donne à tout un goût suave.

+ Une bonne humeur débordante est un fruit du Saint-Esprit ; elle est spécialement le privilège de ceux qui reçoivent ses dons par l’entremise de son humble Épouse.

+ Faites tout en Marie et vous serez bientôt ce que vous devez être.

+ Ne priez jamais seul ; invitez toujours Marie : vous êtes alors plus intimement proche de Jésus.

+ Avec Marie toute crainte, toute anxiété disparaissent de notre cœur.

+ Avec Marie notre cœur devient humble devant Dieu, aimable pour les hommes, compatissant pour les pauvres, doux pour nos ennemis.

Si aujourd’hui je devais mourir et si l’on me demandait ce que je regrette,

je dirais que je ne regrette qu’une seule chose, et je n’en trouve point d’autre :

c’est de ne pas m’être donné davantage.

Seuls les saints laissent derrière eux une trace ;

les autres font du bruit, mais ne laissent rien après leur passage.