Qui veut la vie et désire voir des jours heureux 

(cf. Règle de Saint Benoît – Prologue 15)

 

Chaque mois vous est proposée la figure d’un saint ou d’une sainte,

évoquant sa vie  et sa spiritualité, à travers ses propres écrits.

Ceci afin de nourrir notre vie intérieure,

et vivre des jours plus heureux avec nos amis du Ciel.

Saint Padre Pio

« Le crucifié sans croix », saint Padre Pio de Pietrelcina, rendit son âme à Dieu le 23 septembre 1968. Sa canonisation en 2002 par le pape Jean-Paul II scella pour l’Eglise la sainteté de l’humble capucin italien qui, durant plus de cinquante années, porta les stigmates du Christ en revivant à chaque Messe, la Passion du Seigneur Jésus. Son obéissance sans faille vécue dans la tourmente, sa capacité de lire dans les âmes et de révéler aux innombrables pénitents du confessionnal les péchés enfouis ou oubliés d’eux-mêmes, sa profonde compassion dans la souffrance et sa lutte quasi à bras le corps avec le Mal, l’associèrent intimement à l’amour du Rédempteur offrant sa vie pour le salut de tous. La vie de saint Padre Pio est le reflet lumineux de l’exaltation de la Croix, cette Croix Glorieuse que nous fêtons en ce mois de septembre.

Fête le 23 septembre

Oui j’aime la Croix du Christ ;

je l’aime car je la vois toujours sur les épaules du Christ.

Jésus voit très bien que ma vie désormais, ainsi que mon cœur,

sont voués à Lui et à ses peines.

Rejoindre Jésus souffrant, à l’agonie dans cette « marée noire du péché »

. Quand vous sentez le poids de la Croix peser plus lourdement sur vos épaules, demandez à Dieu qu’Il vous console. En agissant ainsi, vous n’irez pas contre la Volonté de Dieu, mais vous imiterez le Christ qui, au Jardin des Oliviers, demanda à son Père, un soulagement.

« Père, l’heure est venue » : Le combat contre le Mal

. Les tentations ne doivent pas t’effrayer ; par elles Dieu veut éprouver et fortifier ton âme, et il te donne en même temps la force de les vaincre.

. Ne te laisse donc pas troubler par tout ce que cet ange rebelle essaie de faire contre toi ; oppose toujours ta volonté à ses suggestions et reste sereine. Car non seulement il n’y a pas là de faute de ta part, mais Dieu te manifeste sa bienveillance, et c’est tout au profit de ton âme. Écoutons Saint François de Sales : il soutenait que les tentations — pour les âmes vertueuses — ont le même effet que le savon sur le linge : il semble tout barbouiller, mais en réalité il nettoie.

. Gardez-vous de tomber dans l’agitation en luttant contre vos tentations, car elle ne ferait que les fortifier. Il faut les traiter par le mépris et ne pas vous en occuper. Tournez votre pensée vers Jésus crucifié, son corps déposé entre vos bras, et dites : Voilà mon espérance, la source de ma joie ! Je m’attache à toi de tout mon être, et je ne te lâcherai pas avant que tu m’aies mis en sûreté.

. Ne redoutez pas les adversités : elles conduisent l’âme au pied de la Croix, et la Croix nous amène aux portes du Ciel : là, se tient Celui qui a triomphé de la mort, et il nous introduira aux joies éternelles.

. Seigneur Jésus, tu es la raison de ma joie, et je sais que tu ne m’abandonnerais jamais à mes ennemis. Lorsque je suis assailli par des moments de tristesse, de doute ou de découragement, inonde-moi de la puissance de l’Esprit Saint, afin que je sois régénéré par la lumière de l’amour, de la prière et de la gratitude.

. Réagissez lorsque le malin murmure dans votre esprit, lorsqu’il veut vous faire croire que vous ne valez rien. Malgré ces insinuations malveillantes, le Seigneur est avec vous, plus que jamais, dans vos tribulations. Dieu nous dit : soyez forts et courageux, ne craignez pas et n’ayez pas peur d’eux. Il est certain que ceux qui ont peur de se perdre ne se perdront pas, et que ceux qui combattent les yeux fixés sur Dieu se réjouiront de la victoire.

 

Humble et persévérante prière

. Je vous le répète : ayez confiance ! Une âme qui met son espoir en Dieu n’a rien à craindre.

L’ennemi rôde sans cesse autour de nous pour arracher de notre cœur la confiance en Dieu notre Père. Mais soyons forts ! Ne permettons pas que le démon nous dépouille de cette planche de salut.

. Veille à ne jamais perdre courage quand tu te vois accablée de faiblesses d’ordre spirituel.

Si Dieu permet que tu fasses quelque chute, ce n’est pas qu’il t’abandonne, mais c’est pour t’apprendre l’humilité et te rendre vigilant à l’avenir.

. Gardez-vous de tomber dans l’agitation en luttant contre vos tentations, car cette agitation ne ferait que les fortifier. A contraire, il faut les traiter par le mépris et ne pas vous en occuper. Tournez vos pensées vers Jésus crucifié, son corps déposé entre vos bras et dites : Voilà mon espérance, la source de ma joie.

. Tu dois, de préférence, t’humilier devant Dieu, plutôt que te décourager s’Il te réserve les souffrances de son Fils et s’il veut te faire éprouver ta faiblesse. Tu dois élever vers Lui la prière de résignation et de l’espoir, même quand tu tombes par fragilité, et le remercier des biens dont Il te comble.

Source jaillie de l’amour bafoué, flagellé

. Regarde comme le visage de Jésus est beau ! Dès maintenant, la divine miséricorde nous donne le bonheur de monter au Calvaire. Jésus est beau mais pour autant qu’il le soit, je crois qu’il l’est plus encore, crucifié.

. L’angoisse de l’avenir est tout aussi vaine, puisque ton état présent est un amour crucifié.

. Il y a une chose que les anges eux-mêmes nous envient : ils ne peuvent pas souffrir pour Dieu. Or seule la souffrance permet à une âme de dire en toute vérité : « Mon Dieu, vous voyez bien que je vous aime !

. Plus longue est l’épreuve à laquelle Dieu soumet ses élus, plus grande est sa bonté à les réconforter pendant l’oppression et à les exalter, après la lutte.

. C’est par les épreuves que Dieu attire les âmes qui lui sont chères.

.Il faut imiter le Christ. Pour y parvenir, il est nécessaire de méditer chaque jour et avec persévérance l’Évangile. De cette méditation jaillit l’amour de Jésus et le profond désir d’imiter ses actes.

 

Compassion au cœur de mon Dieu, sur le chemin du Calvaire

. Dieu a déposé au fond de mon âme de nombreuses grâces de compassion pour les misères d’autrui, en particulier pour les pauvres qui sont dans le besoin. C’est bien volontiers que je prendrai sur moi tous leurs tourments pour les voir sauvés.

. En ce qui me concerne, je ne m’arrêterai pas de pleurer pendant tout le temps qu’il me reste à vivre : vous savez en effet combien j’ai le cœur déchiré à la vue de tant de pauvres aveugles qui fuient comme la peste la douce invitation de Jésus : ‘Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive’.

. Le Dieu des chrétiens est le Dieu de la métamorphose. Offrez-lui vos peines, et vous en retirerez la paix. Abandonnez-lui vos désespoirs, il vous restera l’espérance.

. Si le péché nous déchire le cœur, jusqu’en ses replis les plus endurcis, et y fait jaillir des larmes brûlantes de remords et d’amour, alors il devient une échelle qui nous approche, qui nous élève, qui sûrement nous conduit à Dieu.

. la confession est le bain de l’âme.

 

Comme il est doux ce nom de Croix !

. La croix est nécessaire à l’âme comme la nourriture au corps, jour après jour ; c’est elle qui la purifie et la libère de son attachement aux créatures.

. Nous avons du mal à comprendre que Dieu ne veut pas, ne peut pas nous sauver sans la croix ; et plus il attire une âme à lui, Plus il la purifie par la croix.

. Mets ton cœur sur les plaies du Christ, doucement et en toute confiance. Il te faut avoir une grande foi en sa bonté et sa miséricorde, sachant qu’il ne t’abandonnera jamais. Et ne néglige pas de te tenir bien accrochée à sa croix.

. Comme est sublime et douce l’invitation du maître : ‘Celui qui veut être mon disciple, qu’il se renie lui-même, prenne sa croix et me suive.’ Gardons-nous de nous lamenter sur ces afflictions et infirmités qu’il plaît au Seigneur de nous envoyer. Suivons le maître sur le chemin du calvaire, chargés de nos croix.

. Grâce aux faveurs dont Dieu ne cesse de me combler, je trouve que je fais beaucoup de progrès dans la confiance en lui. Je sais par mon expérience personnelle que le véritable remède pour ne pas chuter, c’est de prendre appui sur la croix de Jésus, en mettant toute sa confiance en lui seul.

. Étreins toujours la Croix de Jésus, car Elle est le réconfort de Ses élus.

. Comme il est doux ce nom de : Croix ! Ici, au pied de la croix, les âmes se revêtent de lumière, s’enflamment d’amour, mettent des ailes pour atteindre des cieux plus élevés. Que cette croix soit tout à la fois notre lit de repos, notre école de perfection, notre héritage bien-aimé ! Dans ce but, gardons-nous de la séparer de l’amour que nous portons à Jésus : sans celui-ci, elle deviendrait un fardeau que notre faiblesse ne saurait supporter.

 

 

L’autel du Golgotha : ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne (Jn 10,17)

. Il serait plus facile que la terre existât sans le soleil que sans la Sainte Messe.

. Je vais au pressoir de l’église, à l’autel. C’est là que ruisselle continuellement le vin sacré du Sang de ce raisin délicieux et unique dont bien peu ont la chance de pouvoir s’enivrer. Là, vous le savez, car je ne puis agir autrement, je vous présenterai au Père des Cieux, uni à son Fils ; c’est en Lui et avec Lui que je suis tout entier vôtre dans le Seigneur. Seigneur Jésus, sauve-les tous. Je m’offre en victime pour eux tous.

. A notre triste époque de foi morte et d’impiété triomphante, le meilleur moyen de nous préserver de ce mal, c’est de nous fortifier par la nourriture eucharistique. Ainsi sa lumière peut venir l’illuminer pour mieux combattre les ténèbres de l’erreur ; revêtue du Christ, de sa vérité et de sa justice, protégée par le bouclier de la foi et par la parole de Dieu, elle vaincra ses ennemis, aussi puissants soient-ils. Mais pour être revêtu du Christ, encore faut-il mourir à soi-même.

 

Je Complète en ma chair ce qui manque à la Passion de mon Seigneur (cf. Col 1,24)

. Depuis longtemps je sens en moi un besoin, celui de m’offrir au Seigneur comme victime pour les pauvres pécheurs et pour les âmes du purgatoire. Ce désir est allé en grandissant toujours plus dans mon cœur au point qu’il est maintenant devenu, pour ainsi dire, une forte passion.

. Jésus me dit que, dans l’amour, c’est lui qui m’aime ; dans les douleurs par contre, c’est moi qui l’aime, lui.

. Puisses-tu savoir faire face aux amertumes de la vie pour mieux partager les souffrances du Christ.

. Ne te décourage pas s’il t’arrive de beaucoup travailler et de récolter si peu.

Si tu savais combien une seule âme coûte à Jésus, tu ne te plaindrais jamais !

 

 

L’Eucharistie : « Tout cet amour de Jésus… »

. Allons recevoir le pain des Anges avec une grande foi et une grande flamme d’amour. » Que le sacrement de l’Eucharistie soit la source et le sommet de notre vie, la nourriture de notre marche vers le Père.

. Ma bouche goûte toute la douceur de la chair immaculée du Fils de Dieu (…) Que Jésus me rend joyeux ! Comme son esprit est doux ! Je suis plein de confusion et ne sais rien faire d’autre que pleurer et répéter : « Jésus, ma nourriture !… » Ce qui m’afflige le plus, c’est que je récompense tout cet amour de Jésus par tant d’ingratitude… Il m’aime toujours et me serre toujours plus contre lui. Il a oublié mes péchés et l’on dirait qu’il ne se souvient que de sa miséricorde.

. Sachons donner du même amour dont Jésus se donne à nous. En particulier dans le sacrement de l’amour : l’Eucharistie. Jésus se donne à nous sans réserve, toujours, tout entier et sans limite. Efforçons-nous de faire de même avec lui. Nous savons bien ce qu’il nous donne en se donnant lui-même. Il nous donne le Paradis. La seule différence est celle-ci : les saints le contemplent à visage découvert, tandis qu’à nous, il nous parle sous forme voilée. Mais, un beau jour, ces voiles se déchireront et nous contemplerons Jésus dans la plénitude de sa gloire.

 

Bonté du Cœur sacré de Jésus percé, en Croix

. Le Cœur et les Bras de Dieu s’ouvrent d’autant plus largement que nous nous faisons plus petits, par le moyen de la confiance. 

. Le Cœur du Divin Maître n’a pas de loi plus aimable que celle de la douceur, de l’humilité et de l’amour. Mettez votre confiance en la divine bonté de Dieu, et soyez assuré que la terre et le ciel manqueront plutôt que la protection de votre Sauveur.

. Ô Sacré Cœur de Jésus, à qui il est impossible de ne pas éprouver de la compassion pour les malheureux, aie pitié de nous, misérables pécheurs, et accorde-nous les grâces que nous Te demandons par le Cœur Immaculé de Marie, Ta tendre Mère et la nôtre. Saint Joseph, priez pour nous.

. Contemplons avec une reconnaissance émue ce grand mystère par lequel le Cœur de Jésus est attiré avec force par sa créature. Adorons le sang versé jusqu’à la dernière goutte pour la rédemption de l’humanité. Alors, dans cette foi, humblement, inclinons devant lui nos fronts impurs avec ce même ardent amour dont il auréole nos âmes.

 

Marchons à la suite de cette Mère bénie

. Souviens-toi de ce qui se passait dans le cœur de notre Mère céleste au pied de la Croix. Aux pieds de son Fils crucifié, à cause de l’immensité de sa douleur, elle était pétrifiée mais pas abandonnée. Au contraire, jamais Jésus ne l’a autant aimée qu’en ce moment d’indicible souffrance

. Que la Sainte Vierge nous obtienne d’aimer la croix, les souffrances et les douleurs. Puisqu’elle fut la première à mettre l’Evangile en pratique dans toute sa perfection et sa sévérité. Efforçons-nous de nous tenir toujours derrière cette mère bénie et de marcher à sa suite.

. Que Marie, Mère de Jésus et notre Mère, vous fasse comprendre le grand secret de la souffrance. Qu’Elle vous donne toute la force nécessaire pour gravir le Calvaire avec votre croix. Il faut une grande force pour suivre cette route, mais n’ayez pas peur, car le Sauveur est avec vous. Il ne vous laissera jamais seuls ou sans son aide.

. Efforçons-nous, à l’exemple de tant d’âmes élues, de nous tenir toujours derrière cette Mère bénie et de marcher à sa suite, car il n’y a pas d’autre chemin qui conduise à la vie que celui que notre Mère emprunte : ne nous en détournons pas, si nous voulons atteindre notre but. Restons toujours unis à notre Mère si chère : avec elle, sortons de Jérusalem auprès de Jésus, car Jérusalem symbolise l’obstination du peuple juif, du monde qui rejette Jésus-Christ et le renie.

. Mon enfant, tu ne sais pas ce que l’obéissance est capable de produire : (…) Par ce oui de Marie le monde obtient le salut, l’humanité est rachetée.

Alors, tâchons nous aussi de faire la volonté de Dieu et de toujours dire oui au Seigneur, Fiat comme la Vierge Marie.

 

Prends possession de nos cœurs ici-bas, afin qu’ils soient tiens pour l’éternité.

Ne permets pas que nous nous éloignons de ta volonté :

Que ni la vie ni la mort ne parviennent à nous séparer de toi.

Que notre cœur ait sa source en toi, notre Sauveur, pour que, rassasiés de ton amour,

nous devenions les apôtres infatigables de ton règne.