Qui veut la vie et désire voir des jours heureux 

(cf. Règle de Saint Benoît – Prologue 15)

 

Chaque mois vous est proposée la figure d’un saint ou d’une sainte,

évoquant sa vie  et sa spiritualité, à travers ses propres écrits.

Ceci afin de nourrir notre vie intérieure,

et vivre des jours plus heureux avec nos amis du Ciel.

Bienheureux Pier Giorgio Frassati

Né le 6 avril 1901, à Turin en Italie, fils d’un sénateur agnostique (qui deviendra le directeur du grand journal la Stampa) Pier-Giorgio Frassati est, dès l’enfance fasciné par Dieu. Sa mère ferme et rigoureuse pratique la foi catholique par convention et s’opposera souvent aux pratiques évangéliques de son fils. Avec sa sœur Luciana, d’un an son aînée, une grande complicité unie cette fratrie de la haute bourgeoisie. Pier Giorgio puise dans l’Évangile son souci de la justice et son intérêt à prendre soin des pauvres, des malades et des marginaux. Tertiaire de l’ordre de saint Dominique, engagé dans les conférences de saint Vincent Paul comme de l’action catholique, il témoigne de la présence de Dieu grâce à sa foi joyeuse et pourvu d’une grande simplicité. L’Eucharistie et sa dévotion à la Sainte Vierge forgent sa vie dans une grande liberté intérieure. Il incarne l’équilibre entre prière et engagement. D’une personnalité enjouée, gai-luron, il sait fait rire et créera avec des amis « la société des types louches » : association nouant des amitiés spirituelles, jouent des tours, organisant des randonnées dans les Alpes en pratiquant l’alpinisme et rendant service aux pauvres. En tout, il souhaite monter toujours plus haut. Au chevet d’un malade, il contracte la poliomyélite, qui en 6 jours, entraîne sa mort, le 4 juillet 1925, à l’âge de 24 ans. Ce n’est qu’à ce moment que ses proches réalisent tout le bien qu’il a fait, discrètement, au nom de sa foi. Le pape Jean-Paul II le béatifie le 20 mai 1990, lui qui l’avait déjà présenté comme l’homme des huit béatitudes, le 27 mars 1977, il le nomme patron des sportifs et des Journées mondiales de la jeunesse.

 

L’Eucharistie

+ Je vous exhorte avec toute la force de mon âme à vous approcher de la Table eucharistique aussi souvent que possible. Nourris de ce pain des anges duquel vous tirerez la force de vaincre dans les luttes contre les passions et contre toutes adversités, parce que Jésus-Christ a promis à ceux qui se nourrissent de la très sainte Eucharistie, la vie éternelle et les grâces nécessaires pour l’obtenir

+ Jésus est avec moi, je ne crains rien.

+ Marc m’a proposé de partir pour la Bessanese avec A. et ses compagnons, mais il fallait manquer la messe. Mon premier mouvement a été d’accepter. Puis j’y ai renoncé à la pensée de faillir à mon devoir et de dévier de la ligne de conduite que je me suis fixé. Moi, je ne le ferai pas !

+ Dans la sainte communion, Jésus vient me rendre visite tous les matins. Je lui rends visite à mon tour, par mes pauvres moyens, en visitant les pauvres.

La charité

+ Par la charité on sème la paix dans les hommes.

+ Le vrai bien se fait comme par inadvertance, petit à petit, quotidiennement, familièrement.

+ Il ne faut jamais laisser dans l’abandon aucun être humain … Mais la plus belle des charités est celle consacrée aux malades. C’est là une œuvre exceptionnelle : peu ont le courage d’affronter les difficultés et les dangers, de se charger des peines des autres, en plus de leurs propres besoins, de leurs mille tracas et soucis …

Les pauvres

+ Je suis pauvre comme tous les pauvres. Et je veux travailler pour eux.

+ La maison peut être sordide, c’est vers le Christ que nous allons. N’a-t-il pas dit : « Le bien fait aux pauvres, c’est à moi que vous le faites » ? Autour des malades, autour des malheureux, je vois une lumière particulière, que n’ont ni les riches, ni les bien portants.

+ Ce ne sont pas les livres qui peuvent te donner cette connaissance-là ; mais va et, sur la route, regarde, écoute, ouvre ton cœur tout grand et tu sauras.

 

 

La joie

+ Ma vie est monotone mais chaque jour je comprends un peu plus la grâce incomparable d’être catholique… Trêve donc à toute mélancolie ! Celle-ci ne peut trouver place que dans un cœur ayant perdu la foi.

+ Ne t’en fais pas. Je chante aussi faux que toi. Mais je chante quand même, cela entretient la bonne humeur commune.

+ Si Dieu me rappelle à Lui, j’obéirai avec joie.

L’alpinisme et la création

+ J’ai laissé mon cœur sur les cimes et j’espère l’y trouver cet été en escaladant le Mont-Blanc. Je voudrais, si mes études me le permettaient, passer des journées entières sur la montagne et y admirer, dans cette atmosphère si pure, la magnificence du Créateur !

+ Le génie qui parlait dans le vent versait en mon cœur le philtre de la montagne. C’était bien le génie de la montagne qui me tourmentait : il m’attendait, tapi au creux d’un roc, son aile invisible m’avait frôlé en passant. (…) La sublime passion de la montagne m’a possédé. Et dans cette possession j’ai découvert et chanté Celui qui a fait la montagne.

+ Plus nous allons haut, mieux nous entendrons la voix du Christ.

 

 

L’homme intérieur

+ Je voudrais que nous jurions un pacte d’alliance sans aucune limite ni temporelle ni terrestre : l’union dans la prière.

+ J’en suis à attendre, jour après jour, une volonté qui me donne la force de poursuivre jusqu’au bout ma dernière tâche, car je suis sur le point de cueillir ce que j’ai semé. (…) Dans la prière de mes amis réside la seule aide puissante qui me permettra de reprendre avec vigueur le dessus sur mon animalité ; aussi je m’en remets particulièrement à toi [15 jours avant sa mort, à son ami Bletramo].

+ Vivre sans la foi, sans aucun patrimoine à défendre, sans soutenir la Vérité par une lutte continue n’est pas vivre mais vivoter.

+ Sans mortification, impossible de vivre en homme.

+ Pour tenir certaines résolutions, il me faut une volonté de fer, et la mienne est trop habituée à capituler… je t’en supplie, prie pour moi, afin qu’au jour fixé par la Providence j’arrive au bout de mon rude mais droit sentier.

La Vierge Marie

Son amour pour la Vierge est celui des cœurs simples et droits : le chapelet (qui lui était un objet des plus familiers) et la visite aux sanctuaires de Marie.

Tertiaire de saint Dominique, il récitait le chapelet quotidiennement et vers la fin de sa courte vie, le rosaire intégralement. Il aimait prier l’office de la Sainte Vierge et répandit autour de lui le livret qui en contenait les prières.

 Le jour de ma mort sera le plus beau jour de ma vie.

Verso l’alto … toujours plus haut …